vendredi 25 mai 2012

Casserole lyrique

Encore un bijou dans le fatras quotidien du Huffington Post Québec : cette vidéo de Jérémie Battaglia sur une musique du groupe Avec pas d'casque. On peut aussi voir, sur son site, une série de photos sur les manifestations étudiantes de même que sur les élections françaises qui ont récemment débarassé les Français du petit caporal, puisqu'il semble que le Battaglia en question partage son existence entre le Québec et la France. C'est évidemment très lyrique, comme le sont toutes ces manifestations spontanées, et d'autant plus quand la colère s'exprime par la liesse, mais très beau néanmoins.


samedi 19 mai 2012

Le bruit des bottes

Entendez-vous le bruit des bottes qui se font astiquer, prêtes bientôt à marcher sur les manifestants qui oseront contester à nouveau ? Tandis qu'on apprend ici que le moindre appel à manifester pourra être hors-la-loi, il faut comprendre qu'on nous regarde, que nous sommes scrutés jusque sur le ouèbe, que je ne peux donc pas faire d'invite publique pour la marche qui est prévue mardi prochain, que je ne peux pas non plus annoncer que j'y serai coûte que coûte parce que le débat dépasse et de loin la question de l'accessibilité aux études. En attendant, vous pouvez signer ici la pétition contre la Loi 78, loi scélérate qui me fait rétrospectivement songer que si Line Beauchamp a si mal géré la crise, c'est peut-être après tout qu'elle avait les mains liées, et que c'est pour ne pas les souiller définitivement qu'elle a démissionné.

mardi 8 mai 2012

Interaction


Dans le Huffington Post Québec encore, qui offre souvent quelques perles dans un fouillis de potins et de billets sans intérêt, on décrit les résultats d'une recherche effectuée à l'Université de Montréal qui démontre que les fameux TBIs, les tableaux blancs interactifs censés rrrrrrrrrévolutionner les enseignements et dont le gouvernement veut doter l'ensemble des écoles au coût de 240 millions de dollars (attendons voir la facture d'ici un an ou deux) ont finalement peu d'impact sur la réussite des élèves, qui s'en lassent assez rapidement, comme de n'importe quel gadget, de sorte qu'une fois l'effet de nouveauté passé, l'intérêt tombe. C'est pourtant une évidence que l'instrument ne peut jamais justifier la matière et que la plus belle cuillère n'aidera en rien à faire avaler le médicament.
Ce n'est pas tout, parce que la bêtise se contente rarement d'être anodine, elle cherche presque toujours à être hénaurme. Alors parmi les inconvénients desdits tableau, on explique qu'ils sont « chronophage[s] pour les enseignants. " Ça demande vraiment beaucoup de temps, d’autant qu’il existe peu de ressources en français à l’heure actuelle. De plus, les fonctionnalités sont plus limitées et plus complexes que sur un ordinateur et les problèmes techniques sont nombreux ", fait valoir M. Karsenti [directeur de la chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation. NDLR]. Résultat : à peine 10 % des enseignants utiliseraient le tableau à son plein potentiel. " Souvent, il sert uniquement comme projecteur et c’est un projecteur qui coûte drôlement cher ", note-t-il. Les tableaux blancs interactifs coûtent environ 3000 $ chacun auxquels il faut ajouter le prix des ordinateurs pour les enseignants. » Bref, il faut préparer tout son cours en fonction du tableau (et non en fonction de l'élève), c'est-à-dire adapter son cours à l'instrument, ce qui s'avère être une perte de temps et ne change rien au résultat final, sinon qu'on a dépensé beaucoup de sous et d'énergie pour faire du tape-à-l'oeil.
  Au risque de passer encore pour le vieux réactionnaire que j'ai bien envie de devenir quand je vois tous les crétins technolâtres qui sévissent au Ministère de l'éducation, du moisir et des spores, j'ai du mal à voir l'intérêt pédagogique de ces tableaux, surtout quand l'auteur de l'article, Nathalie Côté, nous rappelle que « la grande majorité des tableaux étaient commandés à Smart Technologies, dont le lobbyiste est un ancien membre du cabinet du premier ministre Jean Charest.»  Eh bien voilà, pourquoi ne le disait-on pas plus tôt : elle est là l'interaction. Entre le Ministère et l'industrie.

dimanche 29 avril 2012

Oxy moronne

Pour tous ceux et celles qui ne l'auraient pas encore vu, le Huffington Post Québec a mis en lien depuis mardi passé, le 24 avril, le montage ci-dessous, dans lequel un petit malin s'est fait plaisir en superposant des images sur un petit laïus dont nous gratifie la ministre pour présenter un concours autour du thème dont tout le monde parlait il y a deux ou trois mois: l'intimidation à l'école. Comme disait le défunt magazine Croc : C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle. Le procédé est un peu facile, mais ô combien efficace.



vendredi 20 avril 2012

Bilinguisme

Fabien Deglise en parlait hier dans Le Devoir : une jeune fille un peu éthérée et magnifique fait présentement un tabac sur le ouèbe avec de brèves capsules tournées chez elle, peut-être à Paris, en France en tout cas. C'est amusant, charmant, pince-sans-rire parce que lucide, sans sensiblerie et merveilleusement lent. Court, mais pas pressé et, chose rarissime qui mérite d'être applaudie : sans musique, c'est-à-dire sans surlignage. Une jeune fille parle, s'interroge simplement en fixant la caméra, le regard parfois un peu fuyant par timidité (fausse, bien sûr, quoique) et l'on bascule subitement dans son monde lumineux et décalé. Peut-être pourra-t-on me dire pourquoi j'ai eu par moment l'impression d'être dans un film de la Nouvelle vague, dans une sorte de version abrégée d'un film avec Anna Karina où celle-ci nous expliquerait les merveilles du Québécois enfoui en elle. 






Rougir aux larmes


Depuis le début de la grève étudiante, je suis resté plutôt à l'écart, de même que je ne me suis jamais mêlé de syndicalisme ni d'aucun autre isme en vertu d'un théorème mathématique  énoncé par Georges Brassens (1921-1981) dans les années soixante, justement fécondes en ismes de tous genres : « Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on / Est plus de quatre on est  une bande de cons / Bande à part sacrebleu ! C'est ma règle et j'y tiens. / Dans les noms des partants, on n'verra pas le mien.» J'étais, comme l'a assez bien expliqué Foglia , plutôt du côté des étudiants par principe, fidèle à un idéalisme qui m'a souvent blessé mais jamais tout à fait quitté, dans la marge, discrètement.
Depuis quelques jours, depuis en fait que l'intégrité de certaines sessions est mise en péril par la durée de la grève, qu'à peu près personne n'attendait à voir se prolonger à ce point  (moi le premier, qui depuis longtemps trouve que les étudiants sont de plus en plus conformes, dociles, propres sur eux et parfaitement intégrés aux rouages huilés de la grande machine à décérébrer), la tension est de plus en plus palpable et l'impatience des autorités se mesure à la matraque. Depuis  la prof expulsée jusqu'aux étudiants gazés, matraqués, bousculés et méprisés; depuis  la condescendance de la ministre Beauchamp et de Patapouf premier qui refusent de voir dans ce mouvement le ras-le-bol généralisé de toute une génération et qui, les premiers, appellent à la confrontation en demandant aux profs de franchir les piquets de grève,  jusqu'aux actes de vandalisme, dont on ignore encore les acteurs mais qu'on attribue derechef aux étudiants sans preuve; et depuis cet entretien, proprement ordurier, entre Christian Dufour, prof. à l'Ecole nationale d'administration publique, et Gabriel Nadeau-Dubois, président de la CLASSE (coalition large de l'association étudiante), dans lequel monsieur Dufour se livre avec hargne et sans aucune rigueur à des attaques gratuites sur la personne même de Gabriel Nadeau-Dubois tout en jouant les vierges naïves et offensées; depuis cette accumulation nauséabonde qui s'additionne aux scandales de corruption et de collusion que collectionne ce gouvernement, je ne peux que me ranger activement du côté des étudiants et arborer dorénavant le fameux carré rouge, que j'aime imaginer être le condensé plus seyant du bonnet phrygien de la Révolution française. Aux larmes citoyens!


lundi 2 avril 2012

Complot subliminal

La grève étudiante contre le dégel des frais de scolarité invitant les profs à l'oisiveté et à la déambulation urbaine, je suis tombé en arrêt aujourd'hui, dans le Montréal souterrain, quelque part entre la Place Montréal Trust et les Promenades de la cathédrale, devant cette vitrine d'une succursale de la SAQ (Société des alcools du Québec). Coïncidence ou complot des forces obscures du gouvernement qui cherchent à tout prix à renverser l'opinion publique ?